Tallard
Les infos clés
Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Département Hautes-Alpes
Code postal 05130
Gentilé Tallardiens
Habitants 2 292 (2023)
Densité 153 hab./km2
Altitude minimum 570 m
Altitude maximum 1 121 m
Superficie 15,02 km2
La commune en quelques mots...
Géographie
Tallard (Talar en provençal alpin) est située à 15 km au sud de Gap, au bord de la Durance, au point où celle-ci, sortant d’une série de défilés creusés dans les marnes, s’oriente progressivement vers le sud pour aborder une zone moins encaissée, où les cultures s’étendent dans la plaine alluviale, de part et d’autre de la rivière, jusqu’à Sisteron. Cette situation en fait une place de contrôle naturelle des circulations venant du sud.
Sur tout le cours de la Durance, Tallard est une des rares communes dont le territoire est situé de part et d’autre de la rivière. La commune est cependant beaucoup plus étendue sur la rive droite, zone de basses collines arrosée par le Rousine, petit affluent de la Durance qui conflue à la pointe sud de la commune. À Tallard même, la Durance est particulièrement calme, régulée par le barrage de Serre-Ponçon, situé à une vingtaine de kilomètres en amont, et délestée de la majeure partie de son débit par le canal de Ventavon, dont la prise est juste au-dessus de Tallard, et surtout par le grand canal EDF, souterrain depuis Rochebrune, qui se jette dans la Durance juste au sud du village.
Tallard est située à la jonction de deux axes majeurs de desserte de la région : la route nationale 85 venant de Grenoble par Gap, prolongée au sud par l’autoroute A51 vers Sisteron et Marseille, et la départementale 942, qui draine les circulations en provenance de l’Ubaye (Barcelonnette) et de la haute Durance (vers Briançon), traverse le village de Tallard, et rejoint la RN85 peu avant l’entrée de l’autoroute. Le territoire communal est également traversé par les routes départementales 45 (vers Châteauvieux), 46 (reliant le centre-ville à Neffes et à Gap vers l’ouest, puis de la RD 942 à Curbans à l’est de la commune, en direction du sud), 346, et à l’ouest de la RN 85 les RD 119 vers Fouillouse et 219 vers Sigoyer.
Au 1er janvier 2025, Tallard est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l’Insee en 2022. Elle appartient à l’unité urbaine de Tallard, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre. Par ailleurs la commune fait partie de l’aire d’attraction de Gap, dont elle est une commune de la couronne.
Histoire
On a retrouvé au XIXe siècle un dolmen près de l’aérodrome, dont une des pierres est exposée au Musée départemental de Gap. Ce qui témoigne d’une population présente dès la fin de la préhistoire.
Entre le VIIIe siècle et le Xe siècle, les Sarrasins venus de Provence étaient redoutés pour piller et saccager sur leur passage. Après de nombreuses exactions, dont l’attaque de Mayeul de Cluny, en 974, ces Sarrasins furent décimés par Guillaume Ier de Provence, et chassés définitivement de la région. Sous le règne des princes d’Orange, les Tallardiens descendent dans la vallée et élevèrent une tour en bois en haut d’une butte, tour de défense, sous laquelle la population se réfugia peu à peu, pour se protéger mais aussi pour son côté pratique en matière de commerce. C’est plus tard l’emplacement du château.
À partir du Xe siècle, Tallard se protège des brigands et des voleurs en élevant des remparts, dont on peut voir encore les traces. Le Reynaudia (ruisseau qui vient du nord) encercle les remparts et des portes qui venaient s’appuyer contre les murailles permettaient de pénétrer dans le village. L’entrée se faisait à la Porte Belle, dont demeure la maison du gardien. C’est lui qui autorisait ou interdisait le droit de passage dans le village. Les princes d’Orange accordent une charte de liberté aux Tallardiens en 1209. Les Tallardiens gardent les clés de la ville. Dans la guerre de l’Union d’Aix, son successeur Louis de Trians se rallie aux Angevins en 1385, après la mort de Louis Ier.
En 1215, Tiburge, veuve du prince d’Orange et son neveu vendent tous les droits et la seigneurie de Tallard aux Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui pratiquent la charité, en tant qu’ordre militaire et religieux. Les moines-soldats protègent les pèlerins et les voyageurs. Leur commanderie siège pendant 107 ans. En 1326, les Hospitaliers échangent Tallard contre le comté d’Alife (royaume de Naples). Arnaud de Trian, neveu du pape Jean XXII et jusque-là comte d’Alife, devient donc à partir de cette date, vicomte de Tallard.
Arnaud de Trian (1280-1350) fut le premier seigneur de Tallard. Il va créer une imposante forteresse, avec l’édifice préexistant à savoir le corps de logis seigneurial flanqué de tours notamment du donjon. Sa petite-fille Anne de Trians, seule héritière, épousa en 1375 Antoine de Sassenage. Ils deviendront les nouveaux seigneurs de Tallard. Leur fille unique, Françoise, épousera en 1439 Antoine de Clermont, issu d’une grande famille du Dauphiné.
Héritier du château, Bernardin de Clermont (1440-1522), qui épousa la riche héritière Anne de Husson-Tonnerre en 1496, va agrandir le château en y ajoutant la salle des corps de garde, la chapelle seigneuriale, le châtelet d’entrée, le parc de la Garenne et les écuries du château qu’il va faire construire en dehors du château, dans le village médiéval, par manque de place. Durant les guerres de Religion, les Clermont s’exilent ; le château est mis sous la gouvernance de Bonne d’Auriac.
Après les guerres de Religion, au XVIIe siècle, les entrées des maisons, qui s’appuyaient contre les murailles, s’ouvrent peu à peu. Des ouvertures sont pratiquées, d’abord à l’étage, puis au rez-de-chaussée, lorsque le ruisseau du Reynaudia, qui se jette encore dans la Durance, est recouvert d’une voûte.
Après avoir été la cible de 25 ans de combat, le château a été affaibli. En 1600, Catherine de Bonne d’Auriac (1550-1636) racheta le château, puis son fils Camille d’Hostun (1652-1728), héritier par sa mère, va en être le nouveau propriétaire. Il est maréchal de France sous Louis XIV et n’est pas souvent présent au château. En 1692 le Duc de Savoie, ennemi de Louis XIV, attaqua le château et le village avec ses troupes ; le château va être quasiment détruit et sera laissé à l’abandon jusqu’en 1897, où Joseph Roman, un historien archéologue, le racheta. Il va classer la chapelle Monument historique, va mettre une toiture d’appoint sur la salle du corps de garde pour éviter qu’elle ne s’abîme, et va reboiser le parc de la Garenne.
Autrefois, la Durance arrivait au pied du village de Tallard. Pour accéder à leurs terres, les paysans étaient obligés de traverser la Durance à l’aide d’un bac, tel qu’il en est attesté en 1291. Un autre est établi pour la desserte du hameau des Boulongeons à partir du bourg, pour 20 passages par jour, au XIXe siècle. Un passeur faisait traverser la rivière à la « Porte Durance ». À la Révolution française, on dévie le lit de la Durance pour accéder directement aux jardins, qui sont surnommés « les conquêtes. » En 1860, le premier pont qui traverse la Durance est construit, puis emporté par la crue des 31 mai et 1er juin 1877.
En 1927, Blanche de Clermont Tonnerre, qui passait dans les Alpes, apprend que ce château appartenait à ses aïeux et le racheta. Elle s’installe à Tallard avec sa petite-nièce, Marie-Christine de Bourbon Sicile. À sa mort en 1944, sa nièce hérite mais elle n’a que 10 ans et elle est éduquée ailleurs. Dans les années 1950, le prêtre Richard Duchamblo demeurant à Tallard, soucieux du patrimoine de la ville, décide de sauver le château ; il retrouve la petite-nièce de Blanche de Clermont Tonnerre. Il faudra attendre sa majorité (21 ans) pour que la commune rachète le château en 1957.
Patrimoine
Le château de Tallard est un ancien château fort dont l’origine remonte au Xe siècle. Le château est situé, sur un escarpement de la plaine de Durance, au sud du bourg. Le château, qui domine la Durance, est une courtine polygonale pourvue de tours rondes aux angles, d’une chapelle castrale à côté de la porte d’entrée, d’un corps de garde, d’un logis seigneurial et d’un « donjon », logis rectangulaire en partie ruiné. D’abord sous la protection des princes d’Orange, Tallard est cédé en 1215 aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui construisent un petit castelet à l’emplacement du château actuel.
En 1322 Arnaud de Trians devient le premier seigneur de Tallard et bâti un château fort à partir de l’édifice existant. Par suite de successions, Bernardin de Clermont, l’un de ses descendants, réhabilite l’ancien château fort pour en faire une belle demeure en y ajoutant le corps des Gardes, la chapelle seigneuriale, le châtelet d’entrée et le parc de la Garenne. Après des siècles d’assauts, de guerres et d’abandon. La commune de Tallard, consciente de son patrimoine, rachète le château en 1957. En 1958, le corps des Gardes est classé monument historique, ouvrant une période de restauration réalisée sous l’égide du Comité de sauvegarde du château de Tallard, émanation de la Société d’Études des Hautes-Alpes. Un bail emphytéotique est signé en 1964 autorisant la Société d’Études à poursuivre son travail de restauration et de protection : le château est classé dans son ensemble en 1969.
L’église Saint-Grégoire de Tallard figure à l’inventaire des monuments historiques pour sa porte de façade ouvragée. Avant 1562, l’église du village de Tallard se trouvait bien en dehors des remparts, au niveau du cimetière actuel. Elle était dédiée à saint Étienne. Mais en 1562 commencèrent les guerres de Religion entre catholiques et protestants. Gap était devenue protestante et avait un véritable chef de guerre du nom de Lesdiguières qui voulait absolument s’emparer de Tallard et notamment du château, qui était la plus grande bâtisse des Hautes-Alpes. Les Tallardiens décidèrent alors de détruire l’église Saint-Étienne, qui servait de repère aux « huguenots », pour éviter l’invasion des protestants.
Les guerres de Religion terminées, les Tallardiens décidèrent de faire construire une nouvelle église, mais cette fois-ci à l’intérieur du village. Ils choisirent l’emplacement de deux chapelles, dont une dédiée à saint Grégoire. C’est de celle-ci que provient le grand portail central très ouvragé de style Renaissance. Cette « nouvelle » église fut construite entre 1640 (on peut voir la date de la pose de la première pierre au-dessus de la porte d’entrée) et 1644 (date sur la clé de voûte au-dessus du maître autel). L’auteur des plans de l’église était un Jésuite professeur à Embrun, le révérend père Léoutaud. L’entrepreneur était un Tallardien, Michel Reyberet. Une fois terminée, on voulut lui donner comme titulaire saint Grégoire, évêque d’Amnice en Grande Arménie, devenu pèlerin et évangélisateur dans les Alpes du Sud, mort à Tallard en l’an 404. Mais on s’aperçut alors qu’il n’était pas canonisé. Après quelques demandes ce souhait fut rapidement accepté par le pape Innocent X, et l’on put enfin placer l’église sous le vocable du saint patron de la ville.
Proches de l’entrée, les fonts baptismaux sont encastrés dans le mur du clocher. Ils datent du XVIe siècle. On peut voir à côté une bannière représentant saint Grégoire, offerte par les femmes de Tallard en 1840. La nef centrale est ornée de six tableaux retraçant la vie de saint Grégoire, exécutés en 1743 par deux peintres italiens, Amadeo Grassi et Silvestro Millesi. Ils ont été restaurés en 1839 puis en 1987. Sur la gauche, la chaire, construite au XVIIe siècle, est l’œuvre d’un Tallardien de nom inconnu. Toute en noyer, le travail de sculpture des ornements sacerdotaux et d’objets de culte y est admirable.
L’autel de marbre blanc a été commandé au XIXe siècle par « le chartreux », un lointain cousin du curé du village dont les aventures épiques sont racontées dans un livret écrit par le père Richard Duchamblo. Le tabernacle provient de l’ancien autel et date du XVIIIe siècle. Derrière l’autel se trouvent les orgues, datant du XVIe siècle ; elles seraient les plus anciennes en état de marche dans le sud-est de la France. À droite de l’autel se trouve un buste de saint Grégoire. Aujourd’hui en bois doré, ce reliquaire était à l’origine en argent. Mais il fut réquisitionné en 1793 pour être fondu. Le vicaire de l’époque avait pris le soin d’enlever les reliques du saint homme avant de le donner aux autorités. Grâce à lui les reliques ont pu être remises dans le nouveau buste en bois par la suite. Il existe un autre reliquaire de saint Grégoire en forme de bras qui est exposé le 21 septembre lors du pèlerinage arménien.
Les numéros utiles
Mairie
04 92 54 10 14
Médiathèque Municipale Michel Serres
04 92 54 11 12
Piscine Muncipale
04 92 54 15 07
Communauté d’Agglomération Gap-Tallard-Durance
Bureau de Tallard
04 92 54 16 66
Préfecture des Hautes-Alpes (Gap)
04 92 40 48 00
Conseil Général des Hautes-Alpes (Gap)
04 92 40 38 00
Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Marseille)
04 91 57 50 57
Bureau d’Information Touristique de Tallard
04 92 54 04 29
Comité Départemental du Tourisme (Gap)
04 92 53 62 00
