Lézignan-Corbières
Les infos clés
Région Occitanie
Département Aude
Code postal 11200
Gentilé Lézignanais
Habitants 10 343 (2023)
Densité 274 hab./km2
Altitude minimum 19 m
Altitude maximum 187 m
Superficie 37,68 km2
La commune en quelques mots...
Géographie
Lézignan-Corbières (Lesinhan de las Corbièras en occitan) est située au nord-est de l’Aude, au débouché du massif des Corbières, dans la plaine de l’Aude et sur l’Orbieu. Quatrième commune la plus peuplée du département, la ville fait partie du pays Corbières Minervois. Sa localisation géographique primitive est issue d’un ancien relais sur la voie d’Aquitaine. Au niveau départemental, située à 38 kilomètres de Carcassonne (préfecture) et 22 kilomètres de Narbonne (sous-préfecture), elle bénéficie des facilités routières, autoroutières et ferroviaires desservant les deux autres villes les plus importantes du département de l’Aude. Au niveau régional, située à 130 kilomètres de Toulouse et 121 kilomètres de Montpellier, Lézignan se situe à l’épicentre de la nouvelle région Occitanie.
Sur le plan historique et culturel, la commune fait partie du massif des Corbières, un chaos calcaire formant la transition entre le Massif central et les Pyrénées. Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par l’Aude, l’Orbieu, le ruisseau de la Jourre Vieille Haute, le ruisseau de Lirou, le ruisseau Paillous et par divers autres petits cours d’eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable : un site Natura 2000 (la « vallée de l’Orbieu ») et quatre zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique.
La ville de Lézignan est située sur l’axe majeur de communication entre Toulouse et la côte méditerranéenne depuis ses origines (Voie d’Aquitaine, actuelle rue des Romains). Lézignan est accessible par la départementale 6113 (route nationale 113 déclassée) au nord et par l’autoroute A61 au sud. Elle est desservie par la SNCF en gare de Lézignan-Corbières à son entrée côté Narbonne. En face de la sortie d’autoroute, on trouve aussi l’aérodrome de Lézignan-Corbières (loisirs et tourisme). Le canal du Midi passe quant à lui à 5 km au nord de Lézignan (loisirs et tourisme).
Au 1er janvier 2024, Lézignan-Corbières est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l’Insee en 2022. Elle appartient à l’unité urbaine de Lézignan-Corbières, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée. Par ailleurs la commune fait partie de l’aire d’attraction de Narbonne, dont elle est une commune d’un pôle secondaire.
Histoire
Les première traces d’habitation des alentours de Lézignan sont localisées à l’actuelle plaine de Gaujac. En effet, une villa gallo-romaine s’élevait sur le site de Hosuerbas et jouait le rôle de relais routier sur la voie d’Aquitaine au passage de la Jourre. L’emplacement de ce relai est attesté par diverses sources dont la table de Peutinger. Il y a une controverse sur le nom de cette villa qui pourrait être la villa Licinianus.
Le premier document officiel mentionnant Lisinianus est un acte de donation (diplôme) de Charlemagne au monastère de Lagrasse datée de 807. Ce document est généralement considéré comme un faux établit au XIIIe siècle pour appuyer les revendications du monastère sur Lézignan mais sans certitude absolue. La première mention certaine de la propriété de Lézignan (Liciniano) vient d’un autre acte officiel. Cette donation (aprision) de Charles le Chauve date de 847 et est destinée à un nommé Alfonse et à ses neveux Gomesinde et Duran, des Wisigoths qui occupaient déjà les lieux et les avaient mis en valeur. Ceux-ci choisirent pour édifier leur maison et une église dédiée à saint Félix un dos de terrain alors cerné par deux ruisseaux : le rec de Bénéja au sud et le rec de la Fumade au nord. Leur cours est alors légèrement différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. Le choix de Saint-Félix pour l’église se réfère probablement à Félix de Gérone, saint de catalogne dont le culte est répandu dans la région (Narbonne, Sigean).
Une seconde mention de Lézignan est faite à l’occasion d’un autre acte officiel daté de 899, attribuant à titre féodal le quart de la villa Liciniano avec ses églises Saint-Nazaire et Saint-Félix à un nommé Étienne. Celui-ci semble être un personnage important à l’époque car il est également cité dans d’autres document antérieurs de donation. Les possesseurs des trois autres quarts restent inconnus. L’église Saint-Nazaire est située à la place de l’actuelle école primaire Frédéric Mistral et donc hors les murs de la ville de l’époque. Selon le vicaire général de l’archevêque de Narbonne, elle est en 1404 accolée à un cimetière et fait donc office de chapelle cimetiérale. Par ailleurs, ce document de 899 ne porte aucune mention de château, ce qui est surprenant au tout début de cette période féodale.
En 1118 une bulle pontificale du pape Gélase II énumère les possessions du monastère de Lagrasse parmi lesquelles on trouve les deux églises et le château de Lézignan. On peut donc conclure que c’est le monastère qui est le seigneur à cette date. Un accord conclu en 1171 entre la vicomtesse Ermengarde de Narbonne et Roger II Trencavel, vicomte de Carcassonne fut signé au castrum Liziniani. Ces deux textes de 1118 et 1171 montrent donc qu’à ces dates, existent à Lézignan l’église Saint-Félix, l’église Saint-Nazaire et un château. e château de cette époque était adossé au fossé ceinturant le bourg, correspondant probablement au rec de la Fumade dans la partie nord. a cour du château était située sur l’actuelle place Henry Dunant et les bâtiments du château s’ordonnaient autour de cette cour intérieure. Les détails architecturaux du château nous sont inconnus car il n’en reste aujourd’hui presque aucune trace. La toponymie atteste cependant de sa présence par une Rue du Château et une Impasse du Château aux abords immédiat de l’emplacement présumé. C’est d’ailleurs sur ces rues qu’une portion des murs a été dégagée lors des travaux d’aménagement de la place Cabrié. Par ailleurs, la présence de plusieurs tours de surveillance et de défense nous est connue, sans pouvoir en mesurer l’importance.
En 1209, dès le début de la croisade contre les Albigeois, le siège de Béziers, la prise éclair de la ville et le massacre qui s’ensuivent convainquent les seigneurs locaux de signer les accords de Capestang, livrant les villes du Narbonnais aux croisés. Ceux-ci occupent donc le château de Lézignan, alors toujours possession de l’abbaye de Lagrasse et ceux des alentours sans rencontrer d’opposition. Simon IV de Montfort puis à sa mort en 1218 son fils Amaury VI de Montfort occupent tour à tour le château entre 1209 et 1224. Amaury de Montfort, et son oncle Guy de Montfort incapables de se maintenir dans une région qui leur est très hostile, remettent solennellement au roi leurs seigneuries albigeoises. En 1226, le roi Louis VIII venu dans le comté de Toulouse donne en fief La seigneurie de Castres et le château de Lézignan à Guy de Montfort puis à sa mort en 1228 à son fils Philippe Ier de Montfort-Castres. Cela signifie que Guy de Montfort est le premier châtelain de Lézignan. Mais également que désormais, ces terres relèvent du roi et non plus de l’abbaye de Lagrasse.
L’abbaye de Lagrasse qui s’estime lésée, obtient du pape Grégoire IX une bulle confirmant ses possessions. Elle fait valoir ses droits en 1234 lors d’un arbitrage qui se conclut en sa faveur. Philippe de Montfort conserve néanmoins le château sous la suzeraineté de l’abbaye moyennant un droit d’albergue. Le roi Louis IX souhaite cependant prendre la suzeraineté des seigneuries ecclésiastiques dont celle de Lézignan moyennant une indemnité annuelle payée par le trésor royal. Cette transaction, acceptée par l’abbaye de Lagrasse et conclue en 1258 rattache définitivement Lézignan au domaine royal. La châtellenie de Lézignan est alors constituée et comprend : Lézignan, Saint-Jaume, Saint-Estève, Sérame, Caumont, Tourouzelle, Castelnau et Conilhac.
Pendant toute la période suivante, les seigneurs de Lézignan (également seigneurs de Castres), n’y résideront jamais, étant représenté sur place initialement par un sénéchal et un bailli et ensuite par un châtelain et un lieutenant de châtelain. La dernière représentante de la famille des Montfort, Eléonore de Montfort épouse Jean V de Vendôme. À son décès en 1340, les Vendôme deviennent les seigneurs de la châtellenie de Lézignan. Au cours de la guerre de Cent Ans, en 1355, la randonnée éclair du Prince Noir depuis l’aquitaine jusqu’à Capestang déclenche l’obligation de fortification de tous les bourgs. C’est de cette époque que date la construction des remparts de Lézignan dont on connait peu de vestiges. Ils sont alors percés de deux portes, l’une au nord, la porte de Saint-Félix à cause de sa proximité avec l’église et l’autre au sud nommée porte du Mazel débouchant sur le marché. En 1356, la seigneurie de Castres est érigée en comté et la châtellenie de Lézignan devient une baronnie. La dernière représentante de la famille des Vendôme, Catherine de Vendôme, comtesse de Vendôme et de Castres, épouse en 1364 Jean Ier de Bourbon-La Marche.
Au décès de sa mère, la comtesse de Castres en 1412, Jacques II de Bourbon devient comte de Castres et baron de Lézignan. Jacques II de Bourbon lance la fondation des monastères Clarisses à Castres et Lézignan. Le monastère de Lézignan est bâti à l’ouest de l’église actuelle, dans son axe et est consacré en 1432. L’église du monastère (Sainte-Anne) est d’ailleurs toujours visible mais à usage d’habitation. Son chœur se situe en face de la partie ouest du porche de l’église Saint-Félix. uant à celle-ci, elle est à cette même époque en pleine construction, dans le style gothique méridional qu’on peut encore lui voir aujourd’hui. La nouvelle église conserve des éléments d’architecture des deux précédentes (carolingienne et romane) encore visibles sur le mur ouest.
La fille unique de Jacques II de Bourbon Éléonore de Bourbon, comtesse de Castres et baronne de Lézignan épouse Bernard VIII d’Armagnac. Bonne d’Armagnac, issue de leur union, entre au couvent des clarisses de Lézignan fondée par son grand-père, en mars-avril 1454 à l’âge de 20 ans. La légende de la « Sainte » Bonne d’Armagnac commence à son décès trois ans plus tard, en pleine jeunesse. Les donations liés à cette sainteté décernée par le peuple seront en partie à l’origine de la prospérité du monastère.
Dix moniales parties de Lézignan s’installent en 1461 à Gandie (Espagne) et fondent une dizaine de filiales, assurant un rayonnement spirituel au monastère de Lézignan. Le fils de la comtesse de Castres et baronne de Lézignan, Jacques d’Armagnac prend ses titres à sa suite. Mais il complote contre le roi Louis XI qui le fait exécuter en 1477 après lui avoir confisqué ses terres et ses titres qui reviennent à la couronne. Les Lettres royales attribuent le comté de Castres et la baronnie de Lézignan à Boffille de Juge pour ses services à la couronne dès 1476. De graves dissensions familiales amènent Boffille de Juge à faire donation du comté de Castres et de la baronnie de Lézignan à son beau-frère Alain d’Albret en 1494.
Alain D’Albret conserve le comté de Castres et la baronnie de Lézignan au décès de Boffille de Juge en 1502. Louis XII et François Ier acceptent son hommage-lige respectivement en juillet 1498 et janvier 1515. Au décès d’Alain d’Albret en 1519, la succession est revendiquée par plusieurs parties dont le monastère de Lagrasse. L’arrêt de 1519 du parlement de Paris intègre définitivement le comté de Castres et la baronnie de Lézignan au domaine royal. En reconnaissance de services rendus, la marquise de Saluces et son fils François de Saluces reçoivent donation à vie du comté de Castres et de la baronnie de Lézignan. En 1536, le marquis de Saluces, tombé en disgrâce pour trahison, voit tous ses biens confisqués et le comté de Castres et la baronnie de Lézignan sont réintégrés dans le domaine royal. En 1540, Jacques de Verzeilhes est seigneur engagiste de Lézignan. Lui ou ses descendants le sont toujours en 1576, sous l’appellation de M. d’Argens lors des guerres de religion.
Lézignan est attaquée en 1576 par les troupes du parti huguenot menées par le capitaine Mazamet qui s’empare par surprise du château. M d’Argens avec les défenseurs de Lézignan est repoussé jusque dans l’église. La troupe huguenote prend ensuite d’assaut le monastère des Clarisses, catholiques, en passant par les toits dès matines. Les religieuses sont rançonnées avant de pouvoir fuir vers Narbonne, puis le monastère est pillé par la troupe. À leur retour, la ville est dévastée et a perdu une partie de la population.
De 1577 à 1594, Lézignan est une place forte défendant les abords de Narbonne et les troupes catholiques y stationneront à plusieurs reprises avec des capitaines ralliés au duc de Joyeuse, catholique intransigeant. Un poste de guet (escouto) est installé au nord de Lézignan sur la D 611 pour surveiller les gués sur l’Aude (chemins en provenance de Sérame et Montrabech). Ce qui s’avèrera utile pour fournir des renseignements sur les mouvements de troupes ennemies et donnera au lieu son nom (escouto can plaou). Pendant toute cette période, l’insécurité règne et des guérillas entrecoupées de trêves permettront plutôt mal que bien aux paysans de rentrer les récoltes. En 1591, les belligérants ne trouvent d’ailleurs plus de blé pour l’alimentation de leurs troupes. En 1596, la paix est de retour et Lézignan peut enfin reprendre son développement.
En juin 1639, la baronnie de Lézignan est engagée à Justinian Dupriandy. Il semble n’être qu’un homme de paille pour le compte d’Henri de Saint-Aunès, alors en disgrâce auprès du roi, ce qui lui interdit de devenir lui-même baron engagiste de Lézignan. C’est en 1648, revenu en grâce qu’il devient enfin seigneur engagiste jusqu’en 1666. À la fin du XVIIe siècle, le monastère des Clarisses a acquis une puissance financière foncière et mobilière indéniable. Il peut se permettre de prêter de l’argent aux particuliers, aux villes et communautés du diocèse. À tel point qu’on nomme la ville Lézignan-les-Religieuses en raison de cette puissance financière. En 1729, le maréchal de Belle-Isle devient baron de Lézignan par échange de seigneuries avec la couronne et le reste jusqu’en 1761. Entre 1791 et 1792, la loi de la Constitution civile du clergé et ses décrets sèment la zizanie dans le monastère des Clarisses puis amènent à la fermeture légale du couvent. Le déclassement des remparts en 1817 par ordonnance royale permet aux particuliers de construire sur le fossé et de mettre à bas les murailles.
Patrimoine
L’église Saint-Félix de Lézignan-Corbières est un édifice de style gothique méridional, inscrit au titre des monuments historiques en 1951. L’église primitive carolingienne est fondée à la même période que la ville de Lézignan vers le IXe siècle, remplacée par un édifice roman vers le XIIe siècle puis par l’église gothique actuelle édifiée entre les XIIIe et XVe siècles. Le chœur, les chapelles, le clocher-donjon et le porche sont édifiés en plusieurs périodes distinctes et on peut d’ailleurs voir les différents types d’appareil (nature et taille des pierres) sur les façades.
De nombreuses modifications sont réalisées notamment à l’intérieur au XIXe siècle : installation d’une tribune, établissement de voûtes en briques sur la nef, mise en place de boiseries dans le chœur, surélévation du dallage primitif avec le dallage existant. e chœur est de nouveau modifié au XXe siècle avec le retrait des boiseries et la rénovation des vitraux. La dernière rénovation de l’édifice au début du XXIe siècle a permis de mettre en valeur le mur intérieur ouest décoré de l’église primitive carolingienne.
Faisant suite à la révolte des vignerons de 1907, le Chai des Vignerons est la première cave coopérative fondée dans l’Aude le 11 avril 1909 sous l’impulsion du maire de Lézignan Léon Castel qui en assure la présidence de sa création à 1955. Elle a été construite par l’architecte Jules-Pierre Reverdy au lieu-dit Rec d’En Courvel, non loin de la gare ferroviaire. C’est l’un des rares édifices labellisé patrimoine du XXe siècle de l’Aude depuis 2013. Toujours en activité, on y trouve aussi une présentation du travail de la vigne. Des dégustations sont organisées dans le grand chai central, au milieu d’immenses foudres de chêne.
Les numéros utiles
Mairie
04 68 27 10 32
Médiathèque Intercommunale
04 68 33 31 80
Maison des Jeunes et de la Culture
04 68 27 03 34
Espace Gibert
04 68 27 30 32
Conservatoire Intercommunal de Musique
04 68 27 10 14
Piscine Municipale
04 68 27 10 32
Communauté de Communes Région Lézignanaise, Corbières et Minervois
04 68 27 03 35
Préfecture de l’Aude (Carcassonne)
04 68 10 27 00
Conseil Général de l’Aude (Carcassonne)
04 68 11 68 11
Conseil Régional d’Occitanie (Toulouse)
05 61 33 50 50
Office de Tourisme Intercommunal Corbières Minervois
04 68 27 57 57
Comité Départemental du Tourisme (Carcassonne)
04 68 11 66 00
